Saint Vitus

Saint Vitus
C'est drôle : ma respiration est difficile, ma voix se gargarise, mes pensées deviennent plutôt sinistres sans être pleurnichardes, ma bouteille de vodka noircit et commence à bouillir, mes forces me quittent ... Ma musique fait un drôle d'effet ...
Non, ça va serait je tenté de dire, je vois toujours le désert brûlant de l'Arizona devant moi, mais je ne me sens pas bien pour autant. L'envie de me tailler les veines ne m'effleure pas l'esprit, mais pas d'espoir en la vie non plus. En un mot comme en cent, je me sens plus que désabusé. Les gens se foutent de moi, et je m'en fous comme des trous de mon jean, ce jean plus vieux que moi encore. Mes cheveux font passer les Jackson Five pour des rabats joie, mon bandeau indique clairement mon état d'esprit. Je l'ai écrit sur une de mes chansons d'ailleurs : je suis « né trop tard ». Mais quand je vois la flopée de groupes se réclamant du mien, je me demande des fois si je n'étais pas né trop tôt ... Je n'ai jamais compris pourquoi Candlemass a eu un certain succès et pas mon groupe. Trop punk et trop crade peut être, pas aussi mélodique aussi ... Faut dire que je n'ai jamais voulu choisir entre Black Flag et Black Sabbath, alors j'ai mixé les deux dans ma musique !
Et quand je prends ma vieille SG et que j'attaque mes soli, ma frénésie est telle que je joue avec mes dents sans m'en rendre compte, car je suis absolument génial, aussi bluesly que punk. Mon ampli, un vieux Orange monté sur un pack Marshall au moins aussi crasseux que lui, semble à l'agonie chaque fois que je pousse les basses tant il bave et résonne, mais il me fait comprendre qu'il ronronne de plaisir notamment quand je le taquine avec ma wah wah.
Le résultat est le même pour mon pote bassiste, aussi maigre que moi, qui s'amuse à couvrir mon son par un réacteur d'avion nommé Rickenbacker. Oui, vous savez, ce son si caractéristique, tellement épais qu'il n'y a même pas besoin de mettre de distortion. Et je n'imagine pas le résultat une fois couché sur disque ...
Parlons aussi de mon batteur, un beau poulet moustachu ce gars. Sobre au possible dans son jeu, mais d'une régularité exemplaire, car il en faut du cran pour jouer aussi lentement sans péter un plomb ...
Et mon chanteur. Ben il n'a pas été toujours le même. Ils étaient dissemblables au possible, faut il ajouter ! Le premier (et dernier) était assez (trop) classique, et ma fois bon pour le service.
Le second, par contre a laissé une sacrée empreinte sur mon groupe. Il faut dire que des comme lui, on en fait pas des masses. Il ressemblait un petit peu à Lemmy, mon génial mentor, et peut être plus balaise encore, sa voix aussi lui ressemblait d'ailleurs, et sa descente d'alcool aussi ... Mais il n'a pas eu autant de succès que Lemmy, ce qui le rendait plus que triste. Il était d'ailleurs très émotif, très sensible. Ses textes étaient encore plus charbonneux que les miens, et lui servaient apparemment de thérapie, car il gérait mal son alcool. Ce n'est pas pour rien que son sunom était « Poisse », car tous les groupes dans lesquels il a officié ont disparu. Le mien n'a pas échappé à la règle ... Et je ne pourrai jamais dénigrer son talent d'écriture et d'interprétation. Il était l'incarnation vivante de notre art : autant metalleux que punk, avec un perfecto noir sans manches et patché comme c'est pas permis, à l'instar de son jean noir et plus vieux que lui ; sa voix incitait autant à la sensibilité qu'à la testostérone. En gros, un brave Saint Bernard : aussi gentil qu'impressionnant.
Que puis je ajouter de plus ? Ah oui ! Essayez mes disques une fois, je crois sans vantardise que je vous marquerai durablement.
Et ne soyez pas tristes pour moi, merde, j'ai réussi récemment à remettre le Vitus en marche ! D'ailleurs, c'est pas le comble ça, appeler un groupe de doom St Vitus ? Ca me refait penser à la tête des fans de Black Flag à l'époque, quand je tournais avec eux : je crois que je n'ai jamais autant plombé l'atmosphère que ces soirs là ! Moi et mon groupe avons toujours été incompris, espérons que tout cela change désormais ! A votre bon c½ur messieurs dames ... Et n'oubliez pas : ouvrez une canette, foutez le disque à fond et restez DOOM !!!!!!!!!
Au juste, je m'appelle Dave Chandler, mon bassiste Mark Adams, mon batteur Armando Acosta, et mon meilleur chanteur Scott « Wino » Weinrich, le plus classique étant Scott Reagers.

Discographie : St Vitus (1984)
Hallow's Victim (1985)
The Walking Dead (Ep) (1985)
Born Too Late (1986) 19.5/20
Thirsty And Miserable (Ep) (1987)
Mounful Cries (1988)
V (1989) 17/20
Live (live) (1990) 19.5/20
Heavier Than Thou (best of) (1991)
Children Of Doom (C.O.D) (1993)
Die Healing (1995)

# Posté le vendredi 14 juillet 2006 13:29

Neurosis

Neurosis
Dans mon esprit, aucun groupe ne dépasserait Iron Maiden, et ce à jamais. Aucun combo n'aurait la faculté de transcender la moindre ébauche musicale sans l'aide de Steve Harris et consort. Personne ne pourrait ne serait ce que se réclamer du génie de ces Anglais sans déclancher chez moi une crise de fou rire limite psychosomatique du fait de la propension de la presse spé à encenser des groupes dont on se souvient plus du nom 15 jours après la sortie de leur « album du siècle » bon à jeter aux ordures. Non, décidément, aucun groupe, si bon soit il, n'aurait le truc, pas même Slayer. Seul Steve Harris le possède, c'est certain.
Heureusement dirais-je, mes goûts en metal sont variés et souvent cycliques, c'est-à-dire que je ne reste jamais plus de 2 mois scotché sur un style particulier, ce qui me permet de trouver toujours de la fraîcheur à des disques achetés 10 ans plus tôt. Et ma nouvelle orientation en ce trimestre 2006 était l'infrabasse jouée au frein à main, à savoir le doom, musique dont je ne possédais que des disques de l'inventeur du genre (Black Sabbath pour ceux qui n'auraient rien compris), et le postcore.
Le postcore, justement. Parlons en un peu. Ou plutôt de son créateur, Neurosis. Il faut dire que ce groupe arrivait à point nommé pour moi qui allais sombrer dans l'alcoolisme (trop de bringue falucharde ...) et l'overdose de chimie organique. Si on devait symboliser Neurosis par un élément, le feu lui serait tout de suite associé. Et si Maiden est le Maître absolu de l'harmonique, Neurosis, lui est le Maître absolu du Lent, du Dissonant et de l'Atmosphère (dans tous les sens du terme). Ces voix grasses et tristes, ces percussions faisant passer la musique traditionnelle indienne ou arborigène pour de l'indus, cette basse qui a fait grésiller mon woofer (la seule fois dis donc !), ces samples créateurs de l'Univers, ces guitares si consistantes, ces références constantes à la nature, à la théologie, la psychologie et la philosophie ...
Définitivement, le postcore est une entité à part et à part entière, une manière de voir l'Art et la vie, plus qu'une simple musique établie. D'ailleurs, les membres de Neurosis complètent leur art à l'aide du projet parallèle Tribes Of Neurot, du pur ambient, et pousseront le vice jusqu'à sortir un album à écouter simultanément avec Times Of Grace (le sobrement nommé Grace).
The Eye Of Every Storm fait escale juste le temps qu'il faut pour que je l'attrape et qu'il m'emmène hors de la Voie Lactée, et ce à la vitesse à la fois d'un corbillard (effectivement) et de la lumière (psychologiquement). « Space Is Deep » disait Hawkwind, je réponds « Space Is Infinite » grâce à Neurosis. « The Eye Of Every Storm » rend Massive Attack complètement épileptique (sauf sur le final), tout comme “Left To Wander” et sa fin intersidérale rendant l'exploration d'Alpha du Centaure absolument banale, “Bridges” et son pont drone fait passer les larsens de Lemmy pour du Lexomil, ... Et pourtant, peu d'instruments, peu de notes, une épuration maximale.
Et je ne me doutais pas encore de sa capacité à traverser les dimensions avant de prendre la direction A Sun That Never Sets. Me voici enfin sur la Terre à la fin du Crétacé. La canicule est permanente même la nuit, « Erode » me conte sa philosophie naturaliste et sa magie hallucinogène abrasive, « The Tide » m'informe que cette planète va mourir bientôt, « From The Hill » me fait perdre dans le désert sans eau à moins de 5000 km, le mieux nommé du monde « Stones From The Sky » me fait assister à la fin de dinosaures et l'explosion de la planète tout court depuis ma capsule, ...
Autre disque, autre voyage, Times Of Grace, lui, me transporte vers une Terre version 28 Jours Après. A la différence que cette Terre là vient de subir une submersion de pluies acides, d'ouragans de feu, et de tremblements de terre impromptus. Je ne suis ici qu'un fétu de pailles brûlé, projeté, écrasé, ou précipité selon l'humeur des Cavaliers de l'Apocalypse. « Dieu reconnaîtra les siens, dit la Bible, je sens bien qu'il ne me veut pas » semble sous entendre le disque, où la guerre (« The Doorway ») rencontre les évènements immédiats post catacysmiques (« Away »). Je ne peux même plus respirer car le soufre suinte de toute l'atmosphère, je suis alors KO avec une minerve, car une personne m'ayant vu balloté de la sorte me porte secours et me raconte ce que j'ai subi. Et bien évidemment, je me rends à peine compte de ce qu'elle peut me dire ... L'Apocalypse, le Cataclysme est là ...Dirigé par le plus beau des Léviathans créé par la nature ... Le Comble Absolu ... Et le disque le plus homogène niveau qualité qu'il m'ait été donné d'entendre dans ma petite vie.
On continue avec Through Silver And Blood. La surprise est plus grande encore: Une odeur de plastique toxique et avilissante obstrue d'entrée mon nez. Il s'agit là de me faire avaler le plus de médicaments au fond de ma cellule capitonnée. Une seule fenêtre à ma disposition, me montrant le monde ... Un monde où le ciel est constamment orageux, aux couleurs bleues chimiques et noires, avec des émeutes en continu au dehors, et des drones policiers tirant sur la foule. Des explosions parcourent tout mon temps de vie, il y a du feu partout, et je ne peux rien faire à part voir ces gens mourir sous mes yeux. J'ai mal, je crie de douleur, je pleure devant ce spectacle, je veux en finir, me révolter, me purifier, ou sinon me suicider ...
Bref, un pouvoir cathartique tel que ces disques devraient être remboursés par la Sécu, une violence psychologique inégalée encore, une envie de toujours progresser, expérimenter, aller toujours plus loin, et toujours cette impression de dévastation totale, ce goût de terre brûlée. Voilà qui remet en cause la suprématie Maidenienne du metal dans mon esprit. Et en espérant pouvoir vous exprimer mes impressions sur Enemy Of The Sun (cité souvent comme l'album le plus cauchemardesque de Neurosis), et Souls At Zero (cité, lui comme le plus rageur), je suis rassuré de voir qu'un autre combo a lui aussi trouvé le « truc ». D'ailleurs, je n'arrive pas à décider quel album est mon préféré, ni même les noter. Ils valent tous 20 à mes yeux ...
Steve Harris / Steve Von Till, même combat. Je vous soutiendrai jusqu'à la mort les gars ...

Discographie : Pain Of Mind (1988)
The World As Law (1989)
Souls At Zero (1992)
Enemy Of The Sun (1993)
Through Silver And Blood (1996)
Times Of Grace (1999)
Sovereign (EP) (2000)
A Sun That Never Sets (2001)
Official Bootleg 01: Live In Lyon (2002)
Neurosis And Jarboe (2003)
Official Bootleg 02: Live In Stockholm (2003)
The Eye Of Every Storm (2004)

# Posté le lundi 03 juillet 2006 12:18

Modifié le mercredi 12 juillet 2006 06:29

Tool

Tool
Il y a ceux qui s'encroûtent dans la stérilité démonstrative (n'est ce pas Dream Theater ?), et ceux qui savent enrichir avec finesse et tact leur ½uvre de leur virtuosité.
Il y a ceux qui sortiront dix albums en dix ans pour les besoins du commerce de leur label, et ceux qui sortent des pépites au compte gouttes, ciselant leur art avec amour en authentiques artisans, car ils savent que la qualité ne compte pas le temps qu'il lui faut pour émerger.
Il y a ceux qui, en un murmure, vous tourmenteront et vous tireront les larmes mieux que toutes les gothopoufferies risibles et ridicules existantes dans l'Univers.
Il y ceux qui, en un énervement bien senti, feront monter en vous plus de rage que dix groupes de punk, thrash, death et black réunis.
(Il y a aussi ceux qu'on classe TRES mal dans les rayons, car le seul point commun entre Tool et le neo metal, c'est l'insondable qualité de production)
Il y ceux qui se ressemblent au point de croire qu'on a simplement changé le nom des groupes et des participants, et ceux qu'on ne pourra jamais définir avec pertinence, car ils sont uniques et se suffisent largement à eux-mêmes.
Il y a ceux qui se croient des maîtres en concert en jouant la provocation outrancière, et ceux qui, uniquement à l'aide d'un spot bien placé, vous mettront plus mal à l'aise que tous les Marilyn Manson du monde (si tenté qu'il mette quelqu'un mal à l'aise ici ...)
Il y a ceux que vous retiendrez le temps d'un lavage de cerveau radiophonique, et ceux qui feront de vous des êtres sensibles et réceptifs à l'Art et vous feront changer pour toujours votre perception de la Musique en une seule écoute.
En résumé, le talent choisit ses élus, et pas le contraire ...
Ecoutez les, et vous comprendrez enfin que Dieu se nomme en fait Tool ...

Discographie : Opiate (1992) 17/20
Undertow (1993) 18.5/20
Aenima (1996) 19.5/20
Salival (2000) 17/20
Lateralus (2001) 19.5/20
10 000 Days (2006)

# Posté le mardi 28 février 2006 13:45

Modifié le mardi 22 mai 2007 13:12

Deicide

Deicide
"Fear Him, Fear Him, Fear Him ...." Mais qui donc ? Deicide bien sûr !
Véritable démon sorti des enfers en 1987 sous le nom de Amon, il ne prendra sa forme définitive qu'en 1989. Dirigé d'une main de fer par le "Père" Glenn Benton, ce Léviathan du death peut se résumer en quelques mots : Rapidité, brutalité, précision, efficacité (les morceaux tournent autour de 2-3 minutes pour la quasi-totalité) et surtout talent !
Connu notamment pour ses paroles au contenu plus que satanique (Benton se fait plaisir à insulter le Seigneur depuis près de 20 ans) et la personnalité plus que controversée de son bassiste-caverneur-leader en chef (lequel, notamment, nomme ses fils par des noms de démons, porte une scarification de croix retournée sur son front, s'est juré de se suicider à 33 ans avant qu'on ne le fasse changer d'avis, refuse l'entrée aux Noirs à ses concerts (là, c'est moins drôle, je l'avoue ...), est le musicien ayant le record absolu de menaces de mort et de plaintes de pour incitation à la profanation, et balançait des animaux morts sur la foule lors des premiers concerts), on en oublie souvent la musique.
Et là mes agneaux, on atteint difficilement plus haut de gamme ! Les trois premiers disques du combo floridien sont une véritable "Bible" pour n'importe quel fan d'extrême, des missiles lâchés sans tambours ni trompettes, et qui vous marquent à vie ! Et bien que le reste de leur discographie fasse moins l'unanimité, on ne peut enlever à Deicide son statut absolument culte : la vitesse d'exécution est époustouflante, la précision instrumentale l'est tout autant (écoutez l'album Legion ...), la variété est souvent de mise, au vu de la tendance du groupe à structurer ses morceaux (exceptés sur les deux avants derniers, assez répétitifs).
La mise en forme est, elle, immédiatement identifiable à Deicide (la classe, quoi). A savoir : la voix la plus caverneuse de l'extrême (notamment sur Once Upon The Cross) dédoublée par des hurlements hystériques (tel Satan vous parlant en fait !), un son de guitares hypersaturé et incisif au possible (plus ou moins gras selon les albums) rappelant la lave du Piton de la Fournaise vous submergeant sans répit de solos plus tordus les uns que les autres, la batterie la plus lourde du death metal (Steve Asheim est un véritable destructeur de kits, c'est effrayant !), un son absolument étouffant et lourdingue signé Scott Burns avec ses hauts (le son de Once Upon The Cross est vraiment le meilleur son jamais obtenu par un groupe d'extrême, La Référence Absolue du genre, le Saint Graal de la production death metallique) et ses bas (celui de Legion, une honte ! Absolument impensable !).
Les albums, quant à eux, portent une couleur bien spécifique selon les périodes. Ainsi, Legion est le plus technique (de loin, au point que le groupe à sa sortie aura quelques difficultés à le reproduire) ; Once Upon The Cross est le plus accessible (les morceaux sont toujours très structurés, mais ces dernières sont épurées au maximum) ; Deicide est le plus inspiré, inventif (et le meilleur de surcroît) ; Serpents Of The Light annonce, lui, la couleur des deux suivants (bien qu'étant encore assez fouillé) car un peu facile sur certaines parties malgré que insineratelymn soit assez inhabituel pour Deicide dans de nombreuses parties), et Scars Of The Crucifix est en quelque sorte celui de la synthèse.
Que dire d'autre ? Ah oui ! Deicide est un monstre de scène (vous vous en rendrez compte sans doute au Graspop), mené par un Benton véritable gourou des foules (bien qu'étant bourré de temps à autres), se démenant comme bien peu de bassistes chanteurs le font. Et si les deux frères Hoffmann restaient assez froids ces derniers temps (rien à voir avec la frénésie Slayerienne qu'ils développaient à leurs débuts), leur remplacement par Jack Owen (oui, celui de Cannibal Corpse) et devraient apporter un nouveau souffle de folie sur les planches, afin de rendre à nouveau à Deicide sa place qu'il n'aurait jamais dû quitté (à savoir le haut du tableau du death metal !). Et ce, bien que When Satan Lives ne le démontre pas vraiment (notamment dû au fait de sa très mauvaise prise de son, très fade et sans relief).
« God Dies, Christ Hides, When Satan Rules His World, ... » Compris ?

Discographie : Deicide (1990) 19/20
Legion (1992) 17/20
Once Upon The Cross (1995) 17.5/20
Serpents Of The Light (1997) 15/20
When Satan Lives (live) (1998) 13.5/20
Insineratelymn (2000) 13/20
In Torment In Hell (2001) 11/20
Scars Of The Crucifix (2004) 16/20

# Posté le samedi 25 février 2006 13:34

Modifié le mardi 22 mai 2007 13:12

Black Sabbath

Black Sabbath
« Black Sabbath, ils n'ont rien à prouver, ils ont tout inventé, ils sont les maîtres. »
Que l'on apprécie Slipknot ou pas, force est d'admettre que pour une fois, Shawn a raison quoi qu'on en dise. Eh oui, voici les inventeurs de notre musique chérie, ceux qui décidèrent de faire de la musique inquiétante « car il existe bien les films d'horreur ».
L'histoire commence en 1968, quand les quatre pionniers que sont Tony Iommi (guitare), Geezer Butler (basse), Ozzy Osbourne (chant) et Bill Ward (batterie) forment un groupe de blues nommé Polka Tulk, avant de se renommer Black Sabbath, en référence au film d'horreur du même nom sorti en 1935 avec Boris Karloff, et de sortir son premier pour en 1970 : une intro d'orage avec sons de cloche, et c'est parti ! Le riff le plus glauque de l'histoire de la musique vous saute aux esgourdes, sur un tempo faisant penser à une lente, très lente, inexorable trépanation. Puis ça se calme quelque peu, le temps de faire mijoter votre misérable personne dans ce nuage d'oppression et de mort effrayante. Puis arrive la voix d'Ozzy ... sinistre, absolument SINISTRE et embrumée (la faute à certaines substances), tel un prêtre du Diable vous annonçant votre fin (il s'agit sans douta aucun de sa plus grande performance !), et l'envie d'hurler de peur vous dépasse alors. 6 minutes d'angoisse totale, de pluie glacée dans une chapelle aux fausses allures de crypte ... le Doom, le Vrai, le Seul. Et le reste de l'album, sans être forcément aussi oppressant, est un plaisir sans fin : « NIB », « Behind The Wall Of Sleep » et tout le reste. Pour la petite histoire, leur album a coûté 600 livres à faire ... Quand on sait que les albums de la Star Ac coûtent 1 million d'euros ... No comment !
Vint alors l'album de la reconnaissance apparu en 1971 : Paranoid. Et ça recommence : un tempo à vous faire mourir à petit feu, mais l'ambiance est moins malsaine ... Sauf que les riffs deviennent menaçants, vengeurs, et très crados. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ont subi une cure d'huile de vidange, ce qui donnera le stoner, avec cette lourdeur et cette crasse si caractéristique, tel une virée dans le désert dans un pick up. La voix d'Ozzy a été éclaircie et développée. Et puis, cet album, c'est tube sur tube : « War Pigs », « Paranoid », « Iron Man », « Electric Funeral », « Fairies Wear Boots », ...
Et là, tournées mondiales, succès planétaire, débuts des excès en tous genres, ...
Troisième missile en 1972 : Master Of Reality : « Sweet Leaf », « Children Of The Grave », “Into The Void”, “Embyo”, ... Il s'agit de la période la plus faste du groupe, celle où le groupe a alors l'aura commerciale d'un Led Zeppelin. Elle continuera jusqu'à Sabotage ...
Puis suivront alors 2 opus très moyens, et le groupe entame alors une véritable période de déchéance, abrégée en 1979 par le renvoi d'Ozzy et la venue du plus grand chanteur qu'ait connu Black Sabbath (et aussi le plus grand chanteur du metal en compagnie de Michael Kiske), alias Ronnie James Dio, tout droit sorti de Rainbow.
Heaven And Hell sort en 1980, et c'est presque un choc ! La musique du groupe pris un supplément de puissance à l'instar de la NWOBHM. Les ambiances se font plus « heroic fantasy » que malsaines. La voix de Dio est explosive, au registre ultra puissant, d'une passion sans égale. Soit l'inverse d'Ozzy et son registre mécanique et plaintif. Le succès revient lui aussi et de manière fulgurante, et sans forcément le vouloir, Black Sabbath passe alors sans encombre aucune le fossé des générations et devient véritablement un groupe culte. Et quand on entend des titres de la trempe de « Neon Knights », « Children Of The Sea » ou « Heaven And Hell », on comprend pourquoi. Le combo continue alors sur sa lancée avec Mob Rules en 1981 et sort le Live Evil en 1982. Un live de légende (quoique très controversé, il faut dire que le sombre et la monotonie n'est pas le propre de la voix de Dio, ce qui donne une saveur très étrange au anciens titres)
Mais c'est trop beau pour durer : Iommi et Butler critiquant les méthodes dictatoriales de Dio et l'accusant d'agir tel « un petit Hitler ». Dio se sépare alors de Black Sabbath, lesquels recrutent tour à tour Ian Gillan, Glenn Hughes, ... sans jamais arriver à retrouver le génie de l'époque ni le succès (le fond étant atteint avec « Seventh Star »). Ronnie reviendra le temps d'enregistrer Deshumanizer (injustement méprisé) et se séparera à nouveau d'eux. C'est alors qu'Ozzy réapparaît pour une réformation plus qu'inespérée en 1996, ensemble ils enregistrent le live « The Last Supper », un must, bien qu'Ozzy déraille de temps en temps et que le son soit pour le moins assez minimaliste. Mais il en est alors des v½ux du groupe qui voulaient le faire « sonner tel un pirate amélioré, car un gros son n'est jamais acceptable pour un live digne de ce nom » (NDLR : Et le Live After Death d'Iron Maiden alors ?)
Depuis le groupe est en stand by, tout du moins niveau disques, car ils sont désormais tous les soirs en tête d'affiche de la Ozzfest (oui, le festval itinérant de part les USA, où 60 000 personnes en moyenne se pointent tous les soirs ! Ce n'est pas demain la veille en France, ça!) et n'ont pas l'air près de s'arrêter en si bon chemin !
Si je n'ai qu'une chose à ajouter, ce sera tout simplement merci ! Merci d'avoir inventé le metal, de l'avoir fait exploser médiatiqument et commercialement, merci d'avoir donné envie à Steve Harris, à James Hetfield, à Joey De Maio, à King Diamond, à Dave Mustaine, à Cronos, à nous tous en fin de compte de vouloir faire ce genre de musique, de vouloir le perpétrer, le faire se développer encore et encore. Merci de nous faire faire de l'air guitar en gueulant vos paroles, de nous faire secouer la tête à s'en décrocher les cervicales, merci pout TOUT !

Discographie : Black Sabbath (1970) 17/20
Paranoid (1970) 19/20
Master Of Reality (1971) 19/20
Vol. 4 (1972) 16/20
Sabbath Bloody Sabbath (1973) 16/20
Sabotage (1975) 16/20
We sold our soul for rock 'n' roll (1976)
Technical ecstasy (1976) 13/20
Never say die! (1978) 12.5/20
Live at last (1980)
Heaven and Hell (1980) 19/20
Mob rules (1981) 15/20
Live evil (1982) 17/20
Born again (1983)
Seventh star (1986) 11/20
the Eternal idol (1987)
Headless cross (1989)
Tyr (1990)
Dehumanizer (1992) 15/20
Cross purposes (1994)
Forbidden (1995)
the Sabbath stones (1996)
Reunion (live) (1998) 17/20

# Posté le jeudi 12 janvier 2006 13:10

Modifié le mercredi 12 juillet 2006 06:33